Ensemble à Vélo dans l'Agglomération Dijonnaise
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L’ASSOCIATION DES CYCLISTES URBAINS DU GRAND DIJON - Membre de la FUB
Fédération française des Usagers de la Bicyclette

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Courriel du 2 décembre 2010

« Je refais du vélo, mais... j’ai peur ! »

M. G. Le D. de Dijon

jeudi 9 décembre 2010

Un cycliste nous fait part des ses craintes et de ses interrogations concernant le vélo en ville. EVAD explique et rassure.

 [1]
En fin de chaque paragraphe du courrier, un lien permet d’accéder directement à la partie de la réponse le concernant

Bonjour,

Je suis cycliste depuis l’enfance, j’ai fait du vélo puis du cyclotourisme. Maintenant, plus vieux, je refais du vélo. Mais maintenant, j’ai peur. pourquoi ? D’abord parce que j’ai vieilli et que les réflexes ne sont plus les même mais surtout, c’est que faire du vélo est devenu dangereux [...] Rép.

Les risques encourus sont :

-sur les pistes cyclables tracées sur les trottoirs. En effet, puisque les trottoirs sont goudronnés, nous y trouvons des rollers, des poussettes etc... De plus, nous devons sauter des bordures de trottoir, si modeste soient elles, nous risquons d’éclater non pas à la descente mais à la remontée. Pour ne pas pincer, il faut soulever la roue avant d’où une possibilité de déséquilibre. Nous passons à ras des maisons en certains endroits, nous longeons des files de stationnement [...] Rép.

-sur les ronds points, si nous allons d’une rue à une autre (de l’autre côté de la place) nous risquons d’avoir des voitures qui nous coupent la route lorsqu’elle viennent dans les rues que nous devons traverser. Rép.

-l’hiver les pistes cyclables ne sont pas entretenues , ni lors du défeuillages des arbres ni pendant les tombées de neige. Lorsqu’elles sont le long des routes, nous y retrouvons des graviers, des cailloux, de la terre lorsque nous longeons des champs... Rép.

Je parlerai aussi des contre sens dans les rues à sens unique de circulation automobile. Hérésie totale. Nous devons poser pied à terre et le véhicule doit s’arrêter ; pour croiser le véhicule, soit nous devons monter sur le trottoir soit passer à cloche-pied (un pied sur la pédale l’autre sur le trottoir comme quand on fait de la patinette. Rép.

Où voyons nous le plaisir de se déplacer à bicyclette ?

Quand aux nouvelles lois : tourner à droite au feu rouge (j’avoue ne pas avoir compris la manœuvre sinon que ça ouvre officiellement à autoriser de griller le feu)
accorder la traversée d’une rue hors des passages protégés par les piétons (j’avoue que c’est officialiser ce qui existe déjà depuis longtemps). Rép.

[...]


EVAD répond...

§1 Nous savons que nombreux sont ceux qui, cyclistes réguliers ou non, éprouvent comme vous ce sentiment d’insécurité. Si ce sentiment est tout à fait réel, il n’est pas toujours fondé. Cependant il doit être pris en compte très sérieusement car c’est un frein important au développement de la pratique du vélo. Il faut informer et rassurer :

- informer objectivement sur le risque encouru. Il est faux de dire que faire du vélo est devenu très dangereux, le nombre de tués et blessés à vélo a beaucoup baissé ces dernières années : 795 tués en 1970, 659 en 1980, 401 en 1990, 255 en 2000, 162 en 2009 (chiffres ONISR). Il faut aussi noter que la moitié, voire plus, de ces accidents mortels ont lieu hors agglomération et que, contrairement à ce que l’on peut ressentir, les accidents sont beaucoup plus graves dans les petites villes que dans les grandes !

- rassurer. Aligner des chiffres ne suffira pas à lever les appréhensions de certains, il faut des aménagements cyclables adaptés, notamment sans rupture, et surtout, il faut s’attaquer à une source essentielle de ce sentiment d’insécurité à savoir la densité et la vitesse du trafic automobile. L’association EVAD intervient inlassablement pour atteindre ces objectifs (voir notre conférence et cette cyclaction) ! Et enfin, pour aider à lever certaines craintes, il est toujours possible d’avoir recours à quelques séances de vélo-école !

§2 La place à faire au vélo ne doit pas l’être au détriment de celle dévolue aux piétons. Nous ne sommes pas favorables aux pistes sur les trottoirs, elles posent en effet de nombreux problèmes de cohabitations et de sécurité lorsque les cyclistes doivent se réinsérer sur la chaussée.

Une piste sur trottoir ne peut s’envisager que dans certains contextes et en faisant en sorte que la séparation entre les parties piétonne et cyclable soit détectable par les malvoyants (La ville de Dijon commence à y veiller, voir notammet les nouvelles pistes dans le hameau de Mirande et à la Fontaine d’Ouche)

Quant aux bordures très désagréables lorsqu’elles sont trop hautes, la situation s’améliore au fur et à mesure des nouveaux (ré)-aménagements (voir par exemple les pistes du boulevard de Strasbourg ou de l’avenue de Stalingrad).

§3 Il est vrai que les ronds-points restent des endroits en général peu accueillants et peu rassurants pour les cyclistes. Nous sommes favorables à la diminution de leur diamètre pour empêcher les véhicules d’y prendre de la vitesse (Il faut cependant tenir compte du fait que les ronds-point trop petits causent beaucoup d’inconfort aux passagers des bus !). Les ronds-points sont en général complexes à aménager à postériori pour les cyclistes.

L’anneau cyclable de la place du 30 Octobre doit effectivement être emprunté en restant très vigilant aux intersections ! L’aménagement du rond-point place St-Exupéry est quant à lui tout à fait adapté aux cyclistes « craintifs »
mais est « pénalisant » pour les autres car il impose de nombreux arrêts.

Rappelons ici que, sauf très rares exceptions (voir cet article), les aménagements cyclables ne sont pas obligatoires : le vélo est un véhicule et à ce titre il est tout à fait légitime sur la chaussée. Certains cyclistes aguerris préfèrent ainsi traverser la place du 30 Octobre en prenant leur place dans une file comme n’importe quel autre véhicule et cela n’est pas suicidaire !

§4 Vous avez raison de soulever le problème de l’entretien des pistes ou bandes cyclables. Mal entretenues elles sont peu incitatives à la pratique du vélo voire carrément dangereuses. Il est clair aussi qu’elles ne font pas parties des axes dégagés en priorité lors des chutes de neige ou de feuilles ! Il faut savoir aussi que l’entretien des aménagements en site propre (bd de Strasbourg par exemple) ou sur trottoir est moins facile que celui des simples bandes cyclables sur chaussée. Mais cela n’explique pas tout !

Quant aux bandes latérales revêtues le long des routes hors agglomération, si elles sont effectivement accessibles aux vélos (seulement depuis le décret du 27 mars 2003 !), faute d’entretien régulier, elles sont souvent encombrées de gravillons ou de détritus divers donc peu roulantes.

Seule une pression constante des usagers via les associations pourra améliorer cette situation !

§5 Non le double sens cyclable n’est pas une « hérésie » ! Depuis de nombreuses années à l’étranger (20 ans en Belgique !) comme en France (à Strasbourg depuis plus de 10 ans, à Dijon depuis 4 ans), il a fait la preuve de son utilité et de sa sécurité. Pas plus à Dijon qu’à Strasbourg le double sens cyclable n’a généré d’accident !

Cet aménagement nécessite des comportements adaptés de la part des usagers. Comme dans les rues à double sens où deux voitures ne peuvent se croiser qu’avec difficulté (il en existe beaucoup à Dijon — c’est d’ailleurs un très bon moyen d’apaiser la vitesse !—), il est nécessaire parfois dans les doubles sens cyclables de « se faire des politesses ».

Il est surtout important pour les cyclistes et leur sécurité de « ne pas se faire tout petit » le long du trottoir, ils doivent prendre leur place normalement sur la chaussée et si nécessaire serrer à droite mais uniquement au moment du croisement (voir à ce sujet cette vidéo réalisée par nos amis belges).

Personne n’est obligé d’emprunter un double sens cyclable ! Cependant essayez d’aller de la place Bossuet à la place Wilson sans emprunter de double sens cyclable puis essayez d’y aller en suivant les rues Piron, Charrue et Pasteur. Comparez ! Si vous n’êtes pas convaincu, EVAD est à votre disposition pour une séance de vélo-école spéciale double sens !

§6 Pas plus que, lorsqu’à certains carrefours une flèche jaune clignotante autorise les véhicules à tourner à droite, ceux-ci ne grillent le feu rouge, pas plus les cyclistes ne le grilleront lorsqu’à certains carrefours un panneau les autorisera, et eux seuls, à tourner à droite (voir ce communiqué notamment aussi pour la question des piétons) !

Certainement, les problèmes que vous soulevez nécessiteraient encore des explications. Nous sommes donc à votre disposition pour en discuter de façon approfondie et, si nécessaire, à aller avec vous sur le terrain !

EVAD


Notes

[1Crédit photo : FUB (La Ville à vélo - Granville). Le cycliste de la photo n’est pas l’auteur du courrier !

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