A propos de Dijon Vélotour 2007

Suffit-il de d’organiser un événement à vélo pour promouvoir réellement le vélo ? EVAD s’explique !

21 | (actualisé le )

>>> On pourra lire à la suite de cet article quelques remarques et précisions en guise de réponse aux intervenants du forum, pour le moins animé !


L’association EVAD est régulièrement sollicitée pour être partenaire de manifestations utilisant le vélo sous une forme ou une autre. Bien sûr, comme toute association, EVAD a besoin de se faire connaître, mais elle n’entend le faire que dans un cadre qui lui permette de communiquer son message sans ambiguïté ni parasitage ! EVAD n’accepte donc pas systématiquement ces propositions de partenariats.

Ainsi, cette année comme la précédente, EVAD a décidé de décliner l’invitation des organisateurs du Dijon Vélotour.

Bien sûr nous nous sommes réjouis de voir en septembre 2006 de très nombreux dijonnais découvrir, ou redécouvrir, que l’on peut prendre un réel plaisir à parcourir la ville à vélo. Il en sera certainement de même cette année. Cependant, sous de nombreux aspects, cette manifestation est en contradiction avec nos objectifs de promotion du vélo comme moyen de déplacement usuel, quotidien, alternatif au tout automobile et bon pour la santé.

En 2006, EVAD a activement participé à l’opération « A vélo c’est la santé ! » qui proposait la pratique régulière du vélo notamment comme moyen de lutte contre l’épidémie d’obésité chez les jeunes. Or Vélotour associe étroitement vélo et bonbons : « Des milliers de bonbons pour les petits et les grands », « Un petit creux sur les parcours ? : atelier gourmandises de bonbons » (site internet de l’organisateur).

EVAD souhaite que la voiture devienne un moyen de transports parmi d’autres à n’utiliser en ville qu’avec parcimonie. Or Vélotour est sponsorisé par un constructeur automobile qui, comme tous les autres, cherche par l’intermédiaire de la publicité à préserver la situation hégémonique de ce mode de déplacement. Ainsi, sur son site internet, ce constructeur vante ses 4x4 « écologiques, agiles et facilement manœuvrables en ville ».

EVAD est très sensible au fait que le développement du vélo ne peut s’accommoder de n’importe quel type d’urbanisme. Or Vélotour a pour partenaire une grande surface de meubles nordiques : ce type de commerce, toujours situé à proximité d’une autoroute, repose sur l’usage quasi exclusif de l’automobile et impose donc un urbanisme peu propice au vélo. Les participants à Vélotour se verront offrir un bon d’achat à valoir dans ce magasin : combien seront-ils à s’y rendre à vélo pour en bénéficier ?

Enfin, EVAD est, par tradition, très attachée à la gratuité des actions qu’elle propose aux cyclistes urbains. Or, malgré ses nombreux sponsors commerciaux et des subventions publiques non négligeables, la participation à la manifestation Vélotour reste payante.

Comment dans un tel contexte pourrions nous espérer faire passer notre message clairement !


Quelques remarques et précisions avant de clore le forum pour le moins animé !

- Pourquoi EVAD a-t-elle tenu à justifier son refus d’association avec Vélotour ?

EVAD n’a été associée ni à la randonnée des Grands Crus de Bourgogne ni au Critérium de Dijon, événements qui ont pourtant rassemblé de nombreux cyclistes ! Elle n’a pas eu besoin de s’en justifier car il n’y avait aucune ambiguïté : ces événements bien que vélocipédiques n’avaient clairement rien à voir avec EVAD ! Concernant Vélotour, la forme de l’événement et la communication qui l’accompagne, peuvent conduire certains à penser que fête du vélo du Grand Dijon, balades d’EVAD et Vélotour, tout ça c’est du pareil au même ! Eh bien non : Vélotour et fête du vélo c’est « Canada Dry et whisky » ! Mais bien sûr ce risque de confusion n’est pas du au hasard, la manifestation Vélotour doit sa réussite (relativement à ses propres objectifs !) au fait qu’elle s’appuie habilement sur le nouvel intérêt du public pour le vélo en ville (voir le succès de l’opération Vélib à Paris) mais un surfeur ne crée pas la vague qui le porte !

EVAD s’est contenté d’expliquer pourquoi elle ne pouvait pas, en l’état actuel du concept de cette manifestation, s’y associer mais elle n’a bien sûr ni à conseiller ni à déconseiller d’y participer, ce qu’elle n’a jamais fait ni explicitement ni implicitement !

Certains adhérents d’EVAD ont participé et participeront à Vélotour avec plaisir, d’autres refusent et tous ont leur place à EVAD ! De même que l’on peut aimer ou détester le tour de France et militer à EVAD !

- Beaucoup d’incompréhension donc beaucoup d’agressivité...

Penser ou faire semblant de penser qu’EVAD demande de transporter des armoires à vélo ou d’interdir la vente de bonbons permet de se laisser aller à la dérision à bon compte mais dénote surtout une réflexion quelque peu superficielle.

Que vaut-il mieux pour la collectivité et la planète : que dix clients viennent en voiture acheter chacun une armoire et repartent avec leur meuble chez eux, ou que ces dix clients viennent à vélo ou en transport en commun faire leur choix et qu’une seule camionnette livre ces dix clients ?

Quant aux bonbons, que vaut-il mieux pour résoudre l’inquiétant problème de santé publique posé par l’épidémie d’obésité : proposer aux enfants des ravitaillements et des bonbons tous les kilomètres sous prétexte qu’ils font un peu d’exercice ou bien leur expliquer qu’entre un petit déjeuner et un repas équilibrés il est possible de faire tranquillement une balade à vélo de deux heures uniquement en buvant un peu d’eau ?

- Peu d’effort pour entendre réellement un autre point de vue d’où beaucoup d’incompréhension...

Lorsque l’un des organisateurs de Vélotour affirme qu’EVAD a refusé de s’associer à Vélotour 1ère édition car le port du casque n’y était pas obligatoire, il montre par là une mémoire défaillante mais surtout sa méconnaissance du milieu des associations de cyclistes urbains qui dans leur immense majorité sont, comme EVAD, contre l’obligation du port du casque pour les cyclistes en ville ! Quelques clics sur le site de la FUBicy lui aurait suffit pour réaliser son erreur !

Touchante est la naïveté et l’angélisme d’un intervenant qui dit que finalement Vélotour et EVAD oeuvrent dans le même sens puique tous les deux recherchent l’aimable cohabitation des voitures et des vélos ! C’est encore un fois faire preuve d’une profonde ignorance de la question du vélo en ville : il se s’agit pas de les faire simplement cohabiter "aimablement", il s’agit aussi et surtout de réduire la place de l’automobile en ville et là, c’est autrement plus compliqué ! Cet objectif n’est d’ailleurs pas une lubie d’EVAD c’est un objectif inscrit dans les lois "LAURE " et "LOTI " ainsi que dans le PDU adopté par le Grand Dijon.

Au nom d’EVAD, je remercie tous les intervenants qui ont eu le souci de développer leurs arguments (pour ou contre) sans invectives, ni insultes, ni cris (je rappelle, ou j’apprends, à certains que dans la communauté internet écrire en majuscules c’est HURLER !). Quant aux autres je les laisse face à eux-mêmes.

Il n’est bien sûr pas envisageable ici de répondre en détail à tous les intervenants mais qu’ils sachent que nous sommes à leur disposition lors de nos permanences.

[12/09/07]

Christian Germain, coprésident d’EVAD.

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